Elephant man

John Merrick a vécu à a fin du XIXème siècle. Il était affligé depuis l'enfance d'une maladie rare, la neurofibromatose, lui donnant une peau spongieuse et pendante. Son crâne gigantesque était déformé par des protubérances et sa lèvre supérieure retournée vers l'extérieur évoquait vaguement une trompe, d'où son surnom. Son bras droit et ses membres inférieurs étaient particulièrement difformes. Il boitait par suite d'une maladie des hanches et pour achever le tout, il dégageait une odeur pestilentielle.
Pendant 20 ans (selon le docteur Treeves) il aurait été promené dans les fêtes foraines, couvert d'un chapeau proportionné à sa tête. C'est dans un magasin de Londres où on le montrait pour deux pennies que le docteur le découvrit. "Debout !" ordonna l'homme qui l'exploitait et Treeves découvrit ce qui était à ses yeux "le spécimen de l'humanité le plus abominable qui ait jamais existé".
Indigné, il fit intervenir la police pour empêcher l'exhibition, ce qui n'eut d'autre résultat que d'obliger Bytes (le propriétaire) à quitter l'Angleterre et à tenter, en vain, de montrer son spectacle en France et en Belgique. Finalement, Bytes abandonna sa créature dans un train où la police l'arrêta. On trouva une carte de visite laissée par Treeves lors de sa visite.
Contacté, le docteur s'arrangea pour trouver dans l'hôpital où il travaillait, deux petites pièces pour loger le malheureux. Pour subvenir à sa pension, il alerta l'opinion publique et les dons affluèrent. John Merrick devint un homme célèbre que l'on venait voir. Même la famille royale lui rendit visite.
Au début, on l'avait cru débile car la timidité l'empêchait de s'exprimer. En réalité, il était intelligent et cultivé, adorait les romans sentimentaux et, selon Treeves, tombait amoureux de toutes les jolies femmes qui venaient le voir, sanglotant des marques d'amitié et de gentillesse que celles-ci lui témoignaient.
On le découvrit sans vie dans son lit en avril 1890, sa tête énorme ayant rompu ses vertèbres cervicales. En effet, il ne pouvait à cause d'elle, dormir qu'assis, appuyé sur des coussins et la tête dans ses genoux.

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On dit qu'il serait mort
dans le désir de dormir comme tout le monde.